« Le mangeur de chèvre »

Un film d’atelier sur le tram

Ce qui en fait une sorte de ”docu-fiction”. J’ai été ravie de le revoir, il est vraiment poétique. Ceci dit, c’est un film réalisé en une semaine par des amateurs (dans le cadre d’Ecran libre), mais avec Aurélien, un jeune cinéaste très talentueux. (En 2021 est sorti en France son premier long métrage Vers la bataille, sélectionné au festival de Tokyo 2019 et meilleur premier film du prix Louis-Delluc 2021.)

Auteure :
Q+E

L’histoire ou plutôt l’imaginaire du tram de Bourg-de-Péage à Sainte-Eulalie-en-Royans est l’objet du documentaire-fiction réalisé dans le cadre de la 5e résidence de cinéastes dans le Vercors « De l’écrit à l’écran » du 16 juillet au 4 août 2012. L’objectif d’une résidence était d’« instaurer une relation féconde entre projet artistique et projet d’action culturelle » sur un territoire en invitant un cinéaste pendant trois semaines.

Pour le film « Le mangeur de chèvre », c’est le cinéaste Aurélien Vernhes-Lermusiaux qui a été sollicité et qui a accompagné plusieurs habitants du Royans-Vercors dans la réalisation de ce film d’atelier, de la conception à la documentation, du repérage au montage. Ont participé à ce projet : Sylvie Bosc, Catherine Flament, Louis Giroud Abad, Jean-François Guillaume, Pascale Masse, Silvana Mauro Perazio, Elise Roybin, Laure Taillandier.
L’aventure et le cheminement du tram sont produits par une succession d’images fixes et mobiles, de récits, de sons donnant l’illusion du mouvement du train, de la vitesse ; témoignages d’habitants, souvenirs et anecdotes (Germaine Antelme, Alain Derbier), jeu de petit-train, photographies d’archives, traces encore présentes (gares, pont de Sainte-Eulalie) s’enchaînent pour finir avec surprise sur l’arrivée en gare d’un train à La Ciotat filmé en 1895 par les frères Lumière.
Si Aurélien Vernhes-Lermusiaux n’est que le cinéaste « accompagnateur », il a joué un rôle essentiel pour les habitants-créateurs par son approche cinématographique : un documentaire-fiction de 12 minutes à regarder et à écouter par tous les amoureux de train et par ceux qui veulent préserver les traces de ce tram, notamment le pont du Cholet à Saint-Laurent-en-Royans.

Pour les curieux du cinéaste, le site d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux(*) présente les différents aspects de son travail : documentaires, installations, fictions, dont son dernier film Vers la bataille qui a reçu le Prix Louis-Delluc du premier film en 2021 : « un beau film contemplatif inspiré par des grandes œuvres de l’histoire du cinéma, (qui) cherche à interroger sans cesse le regard du spectateur dans sa propre contemporanéité » d’après Cédric Lépine dans Médiapart (mai 2021).

Aujourd’hui il semble qu’inciter l’attractivité automobile du Vercors ne peut pas être un objectif de société. Les routes du Vercors seront et resteront toujours belles et accessibles mais peut-être moins systématiquement et moins souvent.
En revanche, c’est dans les secteurs habités qu’il faut offrir aux habitants et aux visiteurs la possibilité de se déplacer à pied et à vélo. Prendre pour exemple ce qu’a réalisé la Communauté de Communes du Massif du Vercors (Autrans, Corrençon, Engins, Lans-en-Vercors, Méaudre, Saint-Nizier et Villard-de-Lans) avec le réseau de voies douces qui relie toutes les communes pour permettre aux habitants et touristes de se déplacer et de se promener d’un village à l’autre

Il serait important aujourd’hui de se préoccuper de développer une accessibilité au Vercors pour les déplacements doux ou actifs à partir des gares du territoire comme Saint-Hilaire- du-Rozier, Saint-Marcelin, Crest et Die.

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